
DeepTech Forum Sophia Antipolis #2 : retour sur une journée d’écosystème, d’échecs assumés et de futurs à inventer
Nous étions invités le 3 juin à participer à la deuxième édition du DeepTech Forum Sophia Antipolis, organisé par les étudiants du Mastère Spécialisé Entrepreneuriat Deeptech et Innovation de Mines Paris-PSL. Une journée d’écosystème, d’échanges sincères et d’introspection collective sur l’avenir de l’innovation de rupture en région. Présents avec un stand sur le Campus Pierre Laffitte, nous avons profité de cette journée pour rencontrer la communauté deeptech azuréenne, partager notre approche de la cybersécurité produit et discuter avec celles et ceux qui font l’écosystème au quotidien : entrepreneurs, chercheurs, investisseurs, structures d’accompagnement, étudiants et acteurs publics. Sur le stand, Nicolas a enchaîné démos de la plateforme MOABI, échanges sur nos cas d’usage clients et conversations plus larges sur le métier d’entrepreneur deeptech. Une approche directe et exigeante de l’innovation de rupture Le ton de l’événement, donné dès l’ouverture par sa marraine Emilie Royère, directrice d’Eurobiomed, ne cherchait pas à embellir la réalité. Cette deuxième édition a fait le choix d’aborder l’innovation de rupture sans détour, à travers des séquences franches et parfois inconfortables. La table ronde la plus marquante de l’après-midi, intitulée Échouer en Deeptech : luxe, choix ou gâchis ?, illustrait bien cette posture. L’échec en deeptech reste souvent tabou alors qu’il fait partie intégrante du parcours. Pouvoir en parler publiquement, avec des entrepreneurs ayant traversé l’épreuve et des investisseurs prêts à témoigner sans langue de bois, est exactement le type de discussion que l’écosystème doit pouvoir tenir s’il veut mûrir. Plus tard, l’intervention partenaire d’Euronext et Enogia retraçait le chemin concret d’une deeptech, de la levée de fonds à l’introduction en bourse. Un parcours rare dans le paysage français de l’innovation profonde, et un cas d’étude précieux pour les fondateurs présents qui se projettent sur des horizons longs. Sophia Antipolis 2035 : sortir du déni L’après-midi s’est conclu par les ateliers de prospective territoriale, consacrés à l’avenir de Sophia Antipolis et de la Côte d’Azur à l’horizon 2035. Nous avons participé au premier atelier, dont le sujet ne laissait place à aucune complaisance : Sophia a raté le virage deeptech. Pourquoi, et comment corriger cela ? Une formulation directe, presque provocante, qui a eu le mérite d’ouvrir une discussion franche entre étudiants des Mines, entrepreneurs en activité et acteurs locaux de la technopole. Plusieurs lignes de force ont émergé des échanges : la difficulté historique à transformer l’excellence scientifique régionale en projets industriels, la rareté du capital patient nécessaire à la deeptech, la concurrence d’autres écosystèmes français et européens mieux structurés, et le besoin de tisser des passerelles plus solides entre laboratoires, formations spécialisées et industriels installés. L’exercice n’avait pas vocation à produire un plan d’action. Sa valeur tenait ailleurs : poser collectivement le constat, sans chercher à le contourner, est probablement la condition préalable à toute correction sérieuse de trajectoire. Ce que nous retenons de cette journée Au-delà des conférences et des ateliers, c’est la qualité des échanges informels qui nous a marqués. Sur le stand, autour d’un café ou lors du cocktail de clôture, des conversations longues avec des fondateurs partageant les mêmes interrogations que nous sur la croissance, le financement, le recrutement et la difficulté de l’entrepreneuriat technologique de long terme. Une vraie convergence de points de vue sur ce que signifie construire une deeptech en France aujourd’hui. Nous avons quitté le campus Pierre Laffitte avec des liens noués, des projets de suite identifiés et la conviction renforcée que ce type d’événement, à taille humaine et résolument orienté écosystème, est essentiel à la maturation des deeptechs régionales. Un grand merci aux étudiants du Mastère Spécialisé Entrepreneuriat Deeptech et Innovation de Mines Paris-PSL, qui ont conçu et porté cet événement avec un sens du collectif et un sérieux qu’on retrouve rarement à ce stade de formation. Merci également à Dynergie pour son soutien, à Emilie Royère pour avoir parrainé cette édition, et à l’ensemble des intervenants et participants qui ont fait la richesse de cette journée. À l’année prochaine, avec plaisir.





